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J’ai publié en 2007 un ouvrage intitulé  «Gérer les personnalités difficiles au quotidien » aux éditions Eyrolles. C’était le troisième d’une petite collection «Autorité mode d’emploi », après « Développer son autorité » et « Maîtriser les conflits ».

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Cassé !

Il a bénéficié d’un unique, mais virulent, commentaire sur Amazon. Une volée de bois vert agrémentée de la pire des notes : une étoile!

« Je n’ai pas apprécié l’utilisation d’un bout à l’autre du livre du mot “nuisible” pour qualifier les personnalités difficiles. Et l’assertivité dans tout ça !! Cela m’a parasité, et s’il y avait de bonnes idées du coup je suis passée à côté. »

Malheureusement, Amazon ne permet pas aux auteurs de répondre dans les discussions. Sinon j’aurais pu lui dire que, d’une certaine façon, je trouve qu’elle a raison. 

En effet, le titre est inadéquat. Rétroactivement j’aurai préféré qu’on l’intitule d’une formule du genre : « Comment circonscrire les nuisibles, au boulot et ailleurs ». Mais l’éditeur tenait à ce que les titres de cette collection soient les plus « standard » possibles en reprenant la terminologie convenue. Il a préféré y faire allusion dans l’accroche de quatrième de couverture : « L’art de ne plus traîner les boulets ». Si c’était à refaire, j’adopterai aussi un ton plus incisif et un style plus lâché, plus proches de celui de mon dernier ouvrage «Coups de pied aux cultes du management ».

Différences ?

Il reste cependant un problème : y-a-t-il une différence entre personnalité difficile et nuisible ; et si oui quelle est-elle ? Comment les discriminer ? Comment les gérer respectivement ? Mon bouquin ne répond pas à la question.

C’est peut-être d’abord une question de point de vue.

« Personnalité difficile » sera probablement plutôt  utilisée par les professionnels des institutions socio-éducatives, thérapeutes, médecins, éducateurs, etc. Ils sont certainement plus qualifiés que moi pour en donner une définition et dresser la typologie des personnalités concernées. J’imagine que le terme peut recouvrir celles qui ont du mal à s’adapter, à communiquer, à collaborer, et/ou qui sont en déficit de compétences sociales et affectives pour des tas de raisons possibles, qui sont  conduites par leurs émotions  sans pouvoir ou savoir faire autrement. Des personnes qu’il est difficile de ramener à des comportements communs par les chemins ordinaires de l’application des règles et par les leviers de communication conventionnels.

S’il s’agit d’eux dans l’esprit de ma lectrice, elle a effectivement raison. Ceux-là peuvent ne pas être des nuisibles. Il n’y pas chez eux de duplicité ou d’intérêt, plus ou moins conscient, qui structure leur conduite. La personnalité difficile est à la fois dépendante de son trouble et presque impuissante à le compenser seule. Les effets de sa conduite sur son entourage et son environnement sont donc hors de sa portée, mais pas toujours hors de sa perception et elle peut souffrir de ne parvenir à y remédier. Dans une démarche sociale, thérapeutique  ou éducative il convient sûrement de l’aider. Mon livre ne la concerne pas.

Les nuisibles.

Sur la quatrième de couverture, l’éditeur en avait choisi quelques exemples : «  Le paresseux, le cupide, l’incompétent, le dominateur, le malheureux chronique… ». Comme les précédents, ils sont difficilement gérables, résistent de diverses manières à l’autorité et se montrent imperméables aux besoins des autres dans la façon de se conduire. On ne parvient pas à infléchir durablement leurs comportements ni à empêcher les distorsions qu’ils provoquent.

Ceux-là, par contre, auraient des marges de manœuvre. On les reconnaît à quelques repères :

  1. Ils savent bien souvent reformuler à leur manière les besoins et les attentes de leur entourage ; ils sont capables de faire semblant de s’en accommoder et/ou de promettre qu’ils vont faire autrement.

C’est bien la preuve qu’en deçà de leur « problème », ils disposent d’une certaine dose de clairvoyance sur les effets périphériques de leur fonctionnement. Ils les ont donc identifiés. Mais ils n’y répondent formellement que pour mieux s’en soustraire dans les faits. Ce sont des manipulateurs qui s’arrangent dans un certain confort  avec leur travers en faisant croire que c’est plus fort qu’eux.

En regard, leur comportement de fait démontre autant que de besoin qu’ils sont prêts à tout et à n’importe quoi, au détriment des autres, pour poursuivre dans leur système.

2. Ils trouvent toujours un bénéfice objectif à leur « défaut », dont ils cultivent la reproduction. La satisfaction de leur pathos et de ses avantages occupe la plus grande partie de leur temps et de leur énergie.

Ils sont donc intéressés, calculateurs, même si leur préoccupation dominante peut paraître dérisoire ou illusoire. Ils ne sont en rien innocents dans le développement et la pérennité des problèmes qu’ils causent. Ceci explique pourquoi il est quasiment impossible de les faire changer. C’est un moyen qu’ils ne sont pas prêts de lâcher.

3.  Ils ont un art consommé pour expliciter leurs conduites par des causes extérieures : ce n’est jamais de leur faute, toujours celle des évènements ou celle des autres. Ce sont de grands artistes de la justification anecdotique.

Simultanément, ils sont tout-à-fait capable d’incriminer l’interlocuteur qui tente de les remettre en cause : il est abusif, malveillant, agressif, incompétent, ou menteur… Leur système de défense est dressé comme un mur infranchissable et incontournable.

On ne comprend pas comment ils parviennent à persister dans l’exercice leurs travers malgré les évidences ou la facilité à faire autrement ? Eux savent très bien comment mobiliser leur égocentrisme en toutes circonstances.

Ils énoncent, indirectement mais obstinément, la profondeur de leur irresponsabilité: il suffit de l’écouter pour les repérer.

La solution ?

Si on est contraint de partager quoi que ce soit avec eux : toujours s’attendre à pire car ils sont inventifs. Il,convient qu’on  les serre de près.

Mieux vaut s’en débarrasser ou s’en éloigner à tous points de vue.

Mais il reste une bien meilleure solution : éviter de les embaucher, de les laisser approcher, de s’engager avec eux en aucune manière.

Pour clore, si je devais réécrire sur ce sujet, j’y ajouterais une partie essentielle, plus technique : comment ne jamais les recruter

 

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