Gouvernance

Articles qui traitent de gouvernance et rédigés par la plume pertinente et aiguisée de Daniel Feisthammel de Solutions Fortes (Bretagne).

Fanfaronnades industrielles et institutionnelles.

Molière aurait des choses à écrire là-dessus.

Quand des dirigeants prennent conscience que des changements profonds sont nécessaires sur des sujets sensibles, déterminants pour la réussite et la pérennité de leur entreprise, ils lancent un grand projet en requérant souvent l’accompagnement d’un prestataire spécialisé dans le domaine. Outre qu’ils attendent la plupart du temps que les effets du problème soient déjà toxiques, ils ont une façon de « gérer le changement » pour le moins paradoxale.
Certes ils en font grand-bruit. C’est-à-qui se montrera plus ambitieux et novateur que le voisin. Mais dans les faits la montagne accouche d’une souris (virtuelle). Comme on dit vulgairement, « on se la raconte ». Car on voudrait changer, mais pour pas trop cher, sans perturber l’agitation des aventures opérationnelles, sans briser le ronron des habitus administratifs, sans froisser les carrières des barons, sans soulever de vagues,… Continuer la lecture

Journalistes, politiciens, responsables d’organisations professionnelles, patronales, syndicales, parlent de l’entreprise comme s’il s’agissait d’une chose homogène. A tous propos, ils décrivent les acteurs comme des populations standards : LES patrons, LES salariés, LES chômeurs… On raisonne le monde en termes de catégories abstraites. La langue de bois a décidément de beaux stères devant elle !
Les décisions, les positions, les politiques sont déterminées selon des représentations idéalisées, lissées, médianes, monolithiques et parfaitement hypocrites, farcies d’intentions et de comportements supposés. Le matraquage des poncifs sociétaux est tel que plus personne ne semble faire attention à cette sirupeuse et désastreuse généralisation.

Des grands mauvais patrons ?

Ce phénomène s’applique aussi aux dirigeants, avec la bénédiction plus ou moins délibérée de quelques organisations qui les représentent.
Pourtant, tous ceux qui ont accès à la réalité de la direction et de la gouvernance des entreprises savent pertinemment que cette figure uniforme est une aberration.… Continuer la lecture

L’émission de M6 peut paraître neuneu, ou pour le moins convenue au premier abord. Mais en y regardant de plus près, elle est riche d’enseignements. Quoique ce ne soit pas sa destination, c’est aussi une véritable grille de lecture des travers ordinaires de l’entreprise à la française.
Bien sûr, certaines entreprises exposées sont plutôt vertueuses (le mérite en revient probablement à leur patron) et ça se voit. Cette critique ne les concerne qu’à la marge. Si elles me lisent elles se reconnaîtront. Pour les autres, il y a du boulot !
Certes, l’uniformité du format appartient à la production. N’empêche que la redondance des caractéristiques révélées sur l’organisation et les prémisses du modèle commun d’entreprise est saisissante. En empilant les épisodes, on commence à comprendre pourquoi la plupart de ces patrons a besoin de mouiller la chemise (nécessairement en se déguisant) pour, enfin, savoir ce qui se passe vraiment… Continuer la lecture

Les débats qui agitent la classe politique sur le sujet de la dépense publique portent surtout sur les masses, les budgets, les effectifs, la répartition territoriale… En parallèle, certains mettent en cause globalement la productivité des fonctionnaires et apparentés vis-à-vis du privé. Il s’agit en fait de la même approche : il suffirait de serrer les boulons en réduisant le nombre des acteurs pour obtenir le même résultat à moindre coût. On voit l’aboutissement ultime et brutal de ce genre de démarche en Grèce. Pas sûr que ce soit le modèle économique le plus efficace.

La productivité aux oubliettes

Par contre, on peut s’interroger sur les coûts induits, de l’intérieur, par les modèles d’organisation et de management des services publics. Oui, il y a un problème de productivité, mais il ne se réduit pas au comportement social et professionnel des individus. D’autant que ce comportement est loin d’être homogène.… Continuer la lecture

A partir d’une certaine taille, les organisations tendent à développer leur « appareil », c’est-à-dire l’ensemble des sous-structures destinées à maîtriser leur fonctionnement. L’appareil est ce qui reste après qu’on ait déduit les entités productives et opérationnelles (conception, production, logistique, achats, commercialisation…).
Evidemment la gouvernance et le management font partie de l’appareil. Il est donc partout puisque le management se ramifie jusqu’au cœur de l’opérationnel.

Service et nuisance

Naturellement les missions de l’appareil devraient être d’optimiser la performance, la rentabilité, la valeur de la prestation, l’économie et l’écologie de la production, la réussite des politiques et des stratégies, la pérennité et la notoriété du système, ainsi que la valorisation sociale des acteurs (si ça fait partie de sa politique). Nous verrons que ce n’est pas toujours le cas.

Par essence, l’appareil ne produit pas de valeur ajoutée, il en consomme. Il est cependant censé en générer indirectement.

D’une… Continuer la lecture

Brique incontournable des « éléments de langage » de la politique d’entreprise, le mot vision est à toutes les sauces des cuisines stratégiques réputées ambitieuses. Il est aussi de toutes les rodomontades des dirigeants qui aimeraient bien croire et faire croire qu’ils en ont une, quoiqu’ils soient plutôt déboussolés par un  brouillard pâteux, parsemé d’invisibles chausse-trapes.

L’usage du mot vision est souvent l’artifice qui permet d’escamoter la difficulté à embrasser la complexité et l’emballement du monde.

La vision est aussi une réquisition ordinaire, on pourrait dire triviale, pour le profilage standard du moindre cadre supérieur. Il faudrait en avoir, ou plutôt pouvoir en produire, ou plus exactement permettre au recruteur d’avoir l’impression qu’on saurait en pondre à la commande.
Autrement-dit le critère, comme la chose, sont allègrement bidonnés. Comment se mesure la capacité à produire de la vision ? Ou mieux : à quoi ressemble-t-elle… Continuer la lecture

En cherchant à améliorer leur performance et leur pérennité, les entreprises, comme beaucoup d’autres organisations et de systèmes, tentent d’optimiser leur fonctionnement, leur image, leurs processus.
Elles déploient pour cela toutes sortes de dispositifs en matière de formation, de GRH, de management,  de qualité, de prévention des risques psychosociaux, de sécurité, de sureté, de responsabilité financière, de développement durable, d’équité, d’éthique, etc.

Hitek Bizounours 2.0 2014

Le problème est que ces démarches se veulent être systématiquement vertueuses, très vertueuses, exemplaires, ultra modernes, sinon révolutionnaires. On voit ainsi fleurir et se multiplier une foule de méthodes qui tendent à la quasi-perfection, dotées de libellés goûteux et prometteurs.
Les grands groupes sont très consommateurs de ces démarches perfectionnistes, dont ils font un étalage soutenu. Elles flattent leur image et sont sensées rassurer leur clientèle,  faire adhérer leur personnel. Ils les cumulent dans tous les domaines.

Si on s’arrêtait à cette… Continuer la lecture

J’observe les dirigeants, patrons, élus, depuis quarante ans, dont vingt-quatre ans comme consultant. Quand on voit le nombre de faillites et d’échecs, d’entités qui  périclitent ou qui ne parviennent jamais à se débarrasser de leurs travers, force est de constater que la position ne garantit ni la compétence ni la réussite.
La gouvernance des entreprises et autres organisations de toutes sortes est un art pour le moins difficile. Le dirigeant est soumis à quelques problématiques inhérentes à sa position, qui, s’il ne les maîtrise pas, peuvent l’amener dans des égarements lourds de conséquences. Continuer la lecture

L’usager, administré, assujetti, est parfois diversement traité par les institutions régaliennes, collectivités territoriales et autres établissements publics auxquels il est forcément rattaché.De plus en plus souvent les directions de ces structures tentent d’amener leur niveau d’accueil et de service à celui des organisations privées. C’est louable.
De là à se mettre à « penser client » il n’y a qu’un pas, qu’à mon avis il ne faut surtout pas franchir.
Il m’apparaît aujourd’hui comme une ornière, voire une faute politique et stratégique, de vouloir à toute force appliquer cette notion de « relation client » aux activités de service public, associatif et institutionnelles en tous genres.
Cela dénote en fait une absence de pensée politique spécifique à la notion de service public / social.

L’administré de tout poil n’est pas un client :

C’est une banalité, les organisations en tous genres sont amenées à faire des changements très régulièrement. Ça se passe parfois  médiocrement, ou assez mal, dans la douleur, voire jusqu’à l’échec. A la longue, les choses finissent par se mettre en place, mais les coûts propres du changement peuvent être prohibitifs au regard des bénéfices attendus.

 Clés de la réussite

J’observe des dispositifs de changement depuis très longtemps.  Avec  le cabinet AxCiome C, nous en avons piloté un certain nombre. Nous avons aussi, dans plusieurs cas, subi des entraves délétères ou assisté à des travers qui affectaient profondément le déploiement et la réussite des projets.
Comme d’autres consultants, j’ai progressivement identifié des causes redondantes (et cumulées) des dérapages. Je vous propose de les partager ici à grands traits.
Parmi les paramètres les plus fréquemment malmenés et aussi les plus déterminants sur la réussite j’ai retenu 5 notions… Continuer la lecture

Ma dernière publication
A lire également
Coups de pied aux cultes du management
Newsletter
* Ce champs est obligatoire