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Mon propos à ce sujet a été cité dans un article ancien de la revue Management, ainsi  que dans mon ouvrage « Coups de pieds aux cultes du management ».

Cet article traitait de la gestion de managers aux profils de comportement sérieusement dégradés. J’y suis cité parmi d’autres témoins ou consultants. 
Cependant le contenu publié mérite une mise au point car mon discours y était fortement édulcoré. Je conçois que la rédaction ait cherché à rapprocher les points de vue, en lissant les postures trop contradictoires, dans le but de donner au lecteur des éléments de « guide » qui ne soient pas trop divergents.

Cela-dit, mes préconisations sur le sujet sont beaucoup plus radicales qu’il n’y paraissait.

Changer son mauvais chef est illusoire. Ne tentez jamais de le recadrer ! 

Quelles que soient les dérives que nos managers nous fassent subir, il y a des « règles de gestion » génériques à respecter  si on veut s’en tirer du mieux possible.

Il a des capacités de nuisance

Tout d’abord il convient de ne pas oublier que la relation manager « normal » à managé « déviant » est extrêmement différente de la situation inverse, manager « déviant » à managé  « normal » qui nous intéresse ici.

Autant dans la première, le manager peut se servir de ses leviers de pouvoir, de son statut et des attributs que lui offre le système pour confronter , recadrer, aménager l’activité de son collaborateur et tactiquer à sa guise.

Autant, lorsque c’est le manager qui dérape ou dépasse les bornes, le managé reste démuni. Car les attributs du pouvoir, non seulement n’ont pas changé de côté, mais deviennent autant de capacités de nuisance à la disposition du pathos.

Mieux, ils deviennent aussi des instruments de blocage qui lui permettent à la fois de verrouiller toute forme de résistance et, pire, de retourner les faits en incriminant le collaborateur à chaque fois qu’il tente de se protéger légitimement.

Certains de mes petits camarades consultants peuvent préconiser de ne pas se laisser faire, de confronter en douceur mais fermement son chef, de lui faire savoir que ce n’est pas acceptable en choisissant la première opportunité d’apaisement, etc.
Mais ceux qui se coltinent des patrons abusifs au quotidien aimeraient bien les y voir!

La réalité (que je visite depuis plus de trente ans) est assez brutale : la résistance comme la remise en cause par le managé (même ténue ou allusive) des comportements de management dégradés, se retourne toujours contre lui.

On ne peut pas le changer

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