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Est-il normal que le manageur dispose d’avantages et de privilèges ?
Extraits du chapitre 4 « Le roi des animaux », de mon ouvrage « Coups de pied aux cultes du management. Antidotes au croyances nocives sur l’exercice de l’autorité »

Que dit la croyance toxique ?

Il est convenu de trouver normal, au vu de ses responsabilités, que le manageur dispose de quelques privilèges, de certains avantages matériels et temporels. Plus son niveau hiérarchique est élevé, ses fonctions devenant plus importantes, plus il est doté des ressources exceptionnelles, quantitativement et qualitativement. Il s’agirait en quelque sorte d’une forme de rémunération de sa «valeur ajoutée ».

Les fonctions de ses collaborateurs étant supposées de moindre importance, il est logique que ces derniers assument à sa place des tâches accessoires qui pourraient le perturber ou l’entraver dans la conduite des affaires sensibles. Le temps et l’énergie du manageur seraient plus précieux. Il est donc juste et utile que ses collaborateurs lui rendent des services personnels afin de l’aider à se concentrer sur ses dossiers prioritaires. D’autant plus que le coût horaire d’un poste de management est beaucoup plus élevé que celui d’un simple opérateur. « Peut-être est-il un peu cher payé pour faire lui-même son café ?» dit la vox populi.

Un collaborateur n’est pas un domestique

Le manageur, est-il un être supérieur ?

C’est bien connu, un manageur travaille mieux dans un environnement silencieux ; mais un collaborateur peut supporter plus de bruit tout en travaillant aussi bien ! Ce dernier, évidemment plus frustre, plus primaire, est aussi plus solide et dispose d’un blindage qu’il semble perdre quand il est promu chef…

Ainsi le cerveau d’un chef, plus délicat, a besoin du moelleux d’une moquette plus épaisse que celle du bureau de ses subalternes pour bien fonctionner. Son système digestif a naturellement besoin d’aliments de meilleure qualité, d’une prise de repas plus longue et d’une digestion plus lente.

Il lui faut aussi plus de lumière, une belle vue, et un espace plus grand pour réaliser à la perfection des tâches dont la noblesse est à la mesure de sa sensibilité. Et bien évidemment, son confort doit être au top de l’ergonomie ! Le prétexte de la réception des visiteurs VIP est bien pratique.

À défaut, managerait-il plus mal ? Alors que, dans les mêmes conditions dégradées, ses collaborateurs devraient travailler aussi bien, sinon mieux !

Animal management

Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, nous avons tous les mêmes caractéristiques biologiques, les mêmes besoins fondamentaux, la même sensibilité aux éléments d’inconfort. Et, sauf miracle encore inconnu de la biologie, la fonction ne modifie pas le génome.

L’inégalité de traitement des besoins biologiques, quels qu’ils soient, est tout simplement une insulte à l’humanité.

Maîtres et domestiques

La différenciation entre manageur et managé ne se limite pas toujours à des écarts de traitement sur le plan des fonctions animales. Elle se traduit également fréquemment par une relation sociale d’asservissement psychologique et matériel.

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