Temps de lecture : 11 minutes

Une discrimination inepte au détriment des femmes et du management

Mon constat, produit d’un décryptage très personnel, n’a rien de scientifique. Je ne suis pas un sociologue.

Il ne doit rien aux études savantes de brillants(es) universitaires, étudiant ou enseignant le management, parfois sans avoir jamais managé, ni mis les pieds dans une entreprise, voire sans avoir jamais quitté l’«école».

Tout à fait empirique, il est le résultat de plusieurs décennies d’expériences dans de nombreux emplois, dont celui de Conseil en management pour des organisations de toutes sortes, de tous milieux et de toutes tailles.

Il est le fruit d’une vue de l’envers du décor, de l’entre soi des hommes aux commandes, de l’observation in situ des conduites et des relations entre les deux sexes au travail.

Il est partiellement inspiré de la récurrence des propos « lâchés » par les acteurs en marge des postures officielles. Il est aussi le résultat de centaines d’heures passées à élaborer et conduire des dispositifs de formation, d’accompagnement managérial, de conduite du changement, de recrutement, d’organisation, de RH et d’évaluation, auprès des dirigeants fonctionnels et opérationnels.

Il est enfin nourri d’une histoire personnelle riche, parfois compliquée, semée d’erreurs autant que de bonheurs, dans laquelle les femmes tiennent une place majeure.

Mal à l’aise dans les sentiers-battus, trop bien-pensants et souvent hypocrites, du « managérialement correct », j’ai tracé un chemin professionnel et conceptuel critique et décalé. Ma vision de l’état du management et des manageurs(es) peut paraître noire. Un éclairage cru peut révéler la couleur sombre d’un objet paraissant brillant sous les voiles pudiques d’un consensus complaisant.

En revanche, je continue à en attendre beaucoup. Conservant une ambition intacte pour une autorité enfin optimisée, je suis convaincu que les femmes d’aujourd’hui sont plus aptes à conduire les nécessaires évolutions.

Motivations ordinaires de l’accaparement des pouvoirs par les hommes.

Les manageures sont ultra minoritaires. Tout le monde le constate. Elles sont d’autant plus rares que le niveau hiérarchique s’élève. C’est vrai dans les entreprises, en politique, comme dans tous les types de structures.

Certes, à l’été 2016, les fonctions dirigeantes des principaux partis britanniques et écossais étaient assurées par des femmes. On pouvait y voir le signe d’un changement des mentalités et des positions. Il était à craindre cependant que le phénomène reste anecdotique, ce fut une éphémère coïncidence dans un océan de prépondérance machiste.

L’ordre vicieux des « évidences » reste à démonter.

La pensée dominante nous explique que le mâle a « naturellement » le goût et les compétences du pouvoir. Les hommes seraient faits pour commander.

Je n’ai pourtant jamais entendu un manageur théoriser sur ce sujet. On le contourne comme une évidence, vaguement embarrassante.

Par contre il est de bon ton, pour environ une moitié des manageurs, de proférer de temps en temps une remarque sexiste, une plaisanterie, une sentence aux dépens de la compétence des femmes. Les autres restent cois. On reste dans le non-dit mais les comportements sont signifiants.

Des propos récurrents prétendent justifier l’exclusion.

Ils sont surtout tenus par les hommes suffisants. Malheureusement, de nombreuses femmes, sous la pression de cultures archaïques, en restent également convaincues.

Pour une femme, admettre un seul de ces préjugés, la conduit à tolérer sa propre marginalisation.

Les voici :

Pour accéder au contenu complet de cet article, lire ou écrire un commentaire

connectez-vous ou abonnez-vous